PREMICES

Prémices

Ils sont assis sur un banc ; ils se regardent avec une certaine distance ; ils s’évaluent, ils se jaugent. Elle, jambes serrées, est légèrement penchée vers l’extérieur, à la fois timide et intriguée. Lui, les mains posées bien à plat, semble moins tendu, mais prudent. Derrière eux, un horizon lointain, flou… Ils ne le savent pas encore, mais ils ont déjà les pieds plongés dans le désir, un désir fou qui monte et les attire, et qui bientôt les submergera. Un rouge passion qui emportera tout sur son passage, et viendra même à bout de cette angoisse noire qui retient la femme, elle qui a déjà vécu cela et qui en a souffert. Ce cordon noir qui va de l’un à l’autre, est-il le signe précurseur d’une fusion inéluctable, qui relie mais qui enchaîne aussi, et peut les détruire ? En attendant, c’est le calme avant la tempête ; le ciel est blanc, rien n’est encore arrivé.

 

Martine F.